Assurance-vie – La fin du fonds en euro à capital garanti ?


Der Untergang der Titanic

Avis de recherche : RENDEMENT

Les épargnants recherchent désespérément du rendement pour leurs patrimoines financiers, si possible sans risque, disponible et sans fiscalité…

Disponible et sans fiscalité (ou faiblement fiscalisé) c’est encore dans le domaine du possible, par contre « sans risque » c’est de plus en plus rare.

Pour s’en convaincre, nous nous focaliserons sur les obligations d’Etat, réputées les plus sûres.

Qu’est-ce qu’une obligation ? Quels sont les risques ?

Une obligation est un titre de créance librement négociable sur un marché, représentatif d’une fraction d’emprunt. Lorsqu’un investisseur choisit d’investir dans une obligation, il devient créancier vis-à-vis de la société émettrice et reçoit en échange une rémunération ainsi que le remboursement du principal à l’échéance. « Une obligation a une durée de vie qui correspond à la durée de l’emprunt. » « Les obligations peuvent être émises soit par les Etats, soit par les entreprises. »

En France, l’obligation de référence est l’OAT* 10 ans, émis par l’Etat français pour une durée de 10 ans, et qui procure actuellement un rendement de 0.57 %/an (au 03/03/2016)

Pour aller plus loin : https://www.banque-france.fr/economie-et-statistiques/changes-et-taux/taux- indicatifs-des-bons-du-tresor-et-oat.html

Le taux d’intérêt de l’OAT 10 ans correspond donc, en théorie, à ce que rapporte un placement sans risque.

 

Principaux risques liés à la détention d’obligation

Risque de crédit ou risque de non-paiement

Le risque de crédit est le risque qu’un émetteur d’obligations manque à ses engagements, c’est-à-dire qu’il soit incapable de tenir sa promesse de verser le paiement des intérêts en temps voulu, ou de rembourser le principal à échéance.

Risque de marché ou risque de taux d’intérêt

Le risque le plus significatif couru par les porteurs d’obligations est ce que l’on appelle le risque de marché ou de taux d’intérêt Lorsque les taux d’intérêt augmentent, il devient plus intéressant d’en acheter de nouvelles au détriment des anciennes, puisqu’elles rapportent davantage. C’est pourquoi la valeur des obligations anciennes diminue en due proportion.

Risque d’inflation

Le risque d’inflation est le risque couru si l’inflation réduit la valeur, exprimée en termes de pouvoir d’achat, des flux qu’une obligation génère. Les investisseurs sont exposés au risque d’inflation car les paiements que promet une obligation sont, à l’exception des bons à taux flottant, fixes pendant la durée du titre.

Risque de liquidité

La liquidité représente la facilité avec laquelle on peut acheter ou vendre un instrument financier au comptant sans causer de changement significatif dans son prix. Un marché très dynamique, c’est-à- dire un marché où l’on peut facilement vendre ses avoirs au comptant sans être obligé de faire de gros escomptes sur le prix, s’appelle un marché liquide. Un marché où les avoirs se vendent difficilement au comptant, à moins d’un gros escompte sur le prix, manque de liquidité.

Risque politique ou juridique

Il s’agit du risque qu’un gouvernement (ou toute autre autorité afférente) impose de nouvelles restrictions fiscales ou juridiques sur les titres que vous avez déjà acquis. Force majeure Il s’agit de catastrophes naturelles ou industrielles, ou de changements majeurs dans la structure d’une entreprise: rachat, restructuration, etc. L’émetteur ou le marché n’en sont pas responsables, mais ces événements, s’ils sont suffisamment importants, peuvent affecter la capacité de l’émetteur à tenir ses engagements.

Est-il encore pertinent de détenir des obligations d’Etat ?

A l’aune de ces éléments, il est évident que pour financer des projets à moyen, long terme (éducation des enfants, constitution d’un capital, retraite…) les obligations d’Etat n’offrent pas un rendement suffisant d’une part et ne sont plus sans risque d’autre part.

Un Etat est tout à fait capable de (re)faire faillite… Pour aller plus loin : http://www.herodote.net/30_septembre_1797-evenement-17970930.php

Dans cette éventualité les créanciers ne sont pas remboursés, « circulez, il n’y a plus rien à voir »…

Une question se pose dès lors, l’Etat continue d’emprunter sur les marchés financiers, qui achètent des obligations avec un rendement aussi faible avec un risque ?

Peut-être vous ? mais pas directement !

Mais si vous savez, le fameux fonds en euro ou encore l’actif général des compagnies d’assurance ! Votre contrat d’assurance vie avec le capital garanti !!! Dès que vous versez votre argent auprès d’une compagnie vers le fonds en euro, cette dernière achète pour environ 80 % de la somme en emprunt d’Etat… Arrêtons-nous un instant sur le contrat d’assurance vie. Il s’agit ici du contrat d’épargne où les primes peuvent être investies sur le support à capital garanti. (Ce n’est pas le seul choix possible pour investir) « L’erreur la plus souvent commise est la confusion entre le moyen de détention (comment je détiens) et l’actif sous-jacent (ce que je détiens) ; Confondre le contenant et le contenu. »

En l’espèce, le contenant c’est l’assurance-vie (une enveloppe fiscale pertinente pour détenir son patrimoine financier) et le contenu le fonds en euro (emprunts d’Etat) où l’assureur s’engage à garantir le capital, la liquidité… Sur le plan juridique le contrat d’assurance vie s’analyse comme une créance que le souscripteur détient vis-à-vis de la compagnie d’assurance.

Donc si on résume :

– Souscripteur (épargnant) détient une créance vis-à-vis de la compagnie d’assurance

– Compagnie d’assurance détient une créance vis-à-vis de l’Etat

Et ce n’est pas toujours gratuit d’acheter des obligations d’Etat via son assurance-vie, les frais d’entrée, les frais de gestion… Comment l’assureur peut garantir le capital avec des taux à 0.57 % et des frais de gestion à 0.96 % ?

Ou encore pire maintenir les anciens taux minimum garantis ?

Pour aller plus loin : http://www.lepoint.fr/confidentiels/assurance-vie-axa-et-agipi-condamnes-en- appel-pour-non-respect-du-taux-garanti-01-10-2013-1737304_785.php

Pour le moment tout fonctionne encore grâce aux taux précédents, mais dans un horizon de 4 à 5 ans, les fonds en euro rapporteront 0 %

Pour aller plus loin : http://www.lemonde.fr/argent/article/2015/04/08/assurance-vie-des-fonds-en- euros-a-0-en-2020_4611765_1657007.html

Exemple

Evolution d’un capital de 100 000 € pendant 20 ans à 100 % sur un fonds euro

Hypothèses :

Versement de 100 000 € le 01/04/2016

Frais d’entrée : 0 %

Frais de gestion du fonds en euro : 0.96 %

Rendements bruts de frais de gestion : 2016 = 1.70 % ; 2017= 1.40 % ; 2018= 1 % ; 2019= 0.80 % ; 2020-2036= 0.60 %

 

Chart

 

« Dans ces conditions, le capital n’est plus garanti »

 

Les conséquences ?

Les éventualités ne sont guère réjouissantes, il suffit de se rappeler de la faillite de certaines compagnies d’assurance japonaises dans les années 90.

Pour aller plus loin : http://www.cbanque.com/actu/45539/rendements-de-assurance-vie-en-euros- surevalues-un-risque-de-faillite-pour-les-assureurs

Ce n’est pas sans raison que l’ancien gouverneur de la Banque de France, Monsieur Christian Noyer, a demandé aux compagnies d’assurance de baisser les rendements de leurs fonds en euro.

Pour aller plus loin : http://www.lesechos.fr/28/10/2014/lesechos.fr/0203896086744_christian- noyer-veut-une-baisse-des-taux-des-assurances-vie.htm http://www.contrepoints.org/2015/04/26/205495-investir-en-fonds-e-dassurance-vie-un- placement-de-plus-en-plus-risque

 

Que faire en attendant le grenelle de l’épargne ?

Avant tout il faut accepter le fait que le « sans risque » n’existe plus, ce n’est pas aisé mais une fois assimilé c’est plus facile à vivre. Ensuite il faut peut-être se réjouir de ce nouveau paradigme, vous allez apprendre et comprendre les principaux mécanismes des produits financiers.

Par où commencer ? Vous pouvez télécharger un guide via ce lien : http://fiduciapatrimoineblog.com/documents-a-telecharger/

Pour s’informer et se documenter, je vous propose de manière non exhaustive les sites suivants :

http://www.agefi.fr/

http://www.optionfinance.fr/accueil.html

http://www.lesechos.fr/

http://www.cbanque.com/

http://www.lafinancepourtous.com/

 

Existe-t-il un relais, une alternative au fonds en euro ?

Oui ! Mais sans capital garanti !!! = donc Non

La fin du paradigme du fonds en euro ne remet pas en question l’utilité patrimoniale de détenir vos actifs financiers en assurance-vie, il conviendra d’apprendre à composer sans ce dernier. « Certaines compagnies proposent des contrats multisupports sans fonds en euro et un choix très vaste de supports »

C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de construire un portefeuille sur mesure en fonction de vos objectifs financiers, votre horizon de placement, votre tolérance au risque…

On parle d’allocation personnalisée avec une diversification des supports en fonction des classes d’actifs (actions, obligations, immobilier) des zones géographiques, des styles de gestion, des devises…

Il est tout à fait possible de délivrer du rendement et de la performance à l’épargne financière au prix du renoncement à la pseudo-garantie en capital. Bien évidemment il conviendra de faire vivre le portefeuille via des arbitrages (changement de supports) et définir une politique de réinvestissement des gains.

Pour en savoir plus n’hésitez pas à me contacter

http://fiduciapatrimoineblog.com

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